mardi 12 juillet 2016

Brisa Roché retourne vers le futur avec « Invisible 1 »

S’il y a bien une chose qu’on adore chez The Melting POP, c’est vous faire découvrir des nouveautés musicales. Toujours à l’affut de futures tendances, constamment à la recherche de sonorités nouvelles, TMP a cette fois-ci dégoté pour vous une artiste originale et captivante. Préparez-vous à modifier la bande-son de votre été, Brisa Roché risque bien de squatter vos playlist préférés tout au long de la saison estivale.



Un parcours prodigieusement alambiqué

Pour commencer, faisons les présentations. D’origine américaine, Brisa Roché fait partie de ces artistes qui s’imprègnent de leurs périples pour faire avancer leur art. Née dans un petit village des montagnes de Californie du Nord, elle est la fille d’une artiste et d’un écrivain. Très jeune, elle se passionne pour le jazz, et prend des cours des chants. À 13 ans, elle s’envole pour la Russie avec sa mère et sa chorale. Cependant, trois ans plus tard, elle décide de tout plaquer pour revenir vivre aux côtés de son père à Seattle. Âgée de seulement 16 ans, elle écume les rues de la ville armée de sa voix et de sa guitare pour faire découvrir ses compositions. Au décès de son père, l’adolescente s’assombrit, mais ne perds pas pour autant sa passion musicale. Pour cause, tout en terminant ses études, elle monte son premier groupe. Obsédée par la musique, elle part à la découverte de Paris, entame des études universitaires à Portland, avant de revenir à sa Californie natale. À cet instant, la jeune femme pense à tout abandonner. Pourtant, tel un coup du destin, l’amour et la musique la rattrapent. Folle amoureuse d’un bassiste, elle décide de le suivre au Nouveau-Mexique, là-bas, son univers évolue. Hélas, au début des années 2000, le coup de foudre s’estompe et l’artiste décide de s’exiler à Paris. Dans la capitale française, elle chante dans le métro, dans les bars. Très vite, sa voix lui permet de grimper les échelons, et de s’épanouir dans les bars de jazz de Saint-Germain-des-Prés. De rencontre en rencontre, son destin prend une tournure inespérée et elle sort son premier album « Soothe Me ». Succès critique, ce disque de reprises jazz ne convainc pas l’artiste qui préfère aujourd’hui oublier ce chapitre de sa vie. En 2005, elle signe dans un grand label, et décide de faire évoluer ses sonorités. De cette décision, né « The Chase », un album qui explore sans jamais faillir de nouveaux horizons musicaux. Hélas, être lié à une major demande des résultats et les ventes confidentielles de l’album poussent le label Blue Note à se séparer de l’artiste. Qu’à cela ne tienne, Brisa Roché se sert de ce contrecoup pour mieux rebondir. Déterminée à faire de la musique comme elle l’entend, elle signe avec le label indépendant discograph. De cette collaboration naîtront deux albums « Takes » en 2007 et « All Right Now » en 2010. Plus matures, plus cosmiques, plus féroces les deux albums aident l’artiste à se révéler. Toujours animée par le genre qui lui a fait aimer la musique, elle revient en 2012 avec le projet « The Lightnin 3 » où elle reprend accompagnée de deux autres chanteuses (Ndidi O et Rosemary Standley) les plus grands classiques du jazz. En 2014, c’est sur la bande originale du film « Yves Saint-Laurent » de Jalil Lespert qu’on la retrouve pour faire résonner sa voix sur des cuivres endiablés.

Invisible 1 : la révélation


Aujourd’hui, après quelques années de silence et de travail, l’artiste est de retour avec un nouveau projet intitulé « Invisible 1 ». Sur ce 5e album, la chanteuse s’envole, se révèle tout en confirmant son pluralisme mélodique. POP, rock, acoustique, funk, les pistes de ce nouvel opus s’enchaînent, entraînant avec elles l’auditeur sur des chemins hypnotiques et renversants. Truffé d’influences, l’album brille grâce à une construction intelligente qui ne laisse aucune place à l’ennui. À l’écoute des 13 pistes qui composent l’album, les analogies se multiplient. Tour à tour, on s'imagine flâner sur les meilleures productions de Lana Del Rey, Joss Stone, Kate Bush ou encore Jane Birkin. Cependant, la vivacité de Brisa Roché – qui a fêté son 40e anniversaire en avril dernier – lui allouerait presqu’une longueur d’avance sur ses condisciples. De fait, au détour de l’album les tubes se propagent un à un. De l’excellent « Disco » dont le groove vous emporte dès les premières notes en passant par le surprenant « Vinylize » ou encore « Baby Come Over », impossible de ne pas être séduit par la douce énergie de l’artiste. Bijou rétrograde ou pépite avant-gardiste, « Invisible 1 » réanime et renouvelle les genres. En mélangeant hier et demain, il résonne comme un accomplissement artistique, un oxymore harmonique à découvrir, à savourer et à partager ! 


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